3.700 km
du nord au sud, et environ 4.000 km d'est en ouest, l'Australie
occupe, par son étendue, la sixième place parmi
les plus vastes États du monde. Grand comme quatorze
fois la France, ce pays océanien couvre une superficie
de 7.692.030 km². Le court détroit de Torres
le sépare de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et celui
de Bass, à l'extrême sud, de la Tasmanie, l'un
de ses six États fédérés. L'Australie
est bordée par l'océan Indien sur la côte
ouest et par le Pacifique Sud à l'est. Le continent,
massif mais peu élevé, est découpé
en trois régions naturelles où dominent les formes
désertiques. Le climat est globalement sec et même
aride sur plus de la moitié du continent, mais il varie
fortement avec la latitude. Plus qu'ailleurs, la faune est rendue
spécifique par l'isolement.
L'Australie est sans doute l'une des plus vieilles terres du
monde. Ce morceau de socle détaché du Gondwana
au Jurassique inférieur (vers - 180 millions d'années)
a peu bougé depuis. Il revêt la forme d'un vaste
plateau peu élevé (altitude moyenne inférieure
à 300 m) et quasi horizontal, formé de roches
précambriennes et paléozoïques. Il est à
peine déformé par des soulèvements et par
quelques effondrements survenus sur la bordure orientale. Il
est bordé de 36.735 km de côtes maritimes.
Le
plateau occidental, ou «bouclier australien», occupe
environ 60 % de la surface du continent. Recouvert partiellement
à plusieurs reprises par les mers, notamment au Crétacé,
son altitude varie aujourd?hui entre 300 et 600 m. Les
chaînes originelles, le plus souvent gréseuses,
ont été nivelées par l'érosion et
ensevelies sous leurs propres débris. Le plateau occidental
est surplombé, au centre du continent, par les monts
Musgrave et Macdonnell. Ce bouclier au relief monotone subit
l'influence de conditions climatiques particulièrement
arides: la majeure partie est constituée d'ergs, sortes
de dunes sableuses recouvertes d'une végétation
de type steppique (c'est l'état naturel du quart de la
superficie de l'Australie), ou bien de déserts de pierres
(regs) issus de la désagrégation des reliefs.
Trois grands déserts de sable – le Grand Désert
du Nord, le désert de Gibson et le Grand Désert
de Victoria – occupent, du nord au sud, la partie centrale
de l'Ouest australien et forment la seconde masse désertique
du monde par la superficie après le Sahara. Au sud, le
plateau calcaire de Nullarbor domine le littoral par de vigoureuses
falaises.
La
grande cordillère orientale (Great Dividing Range) correspond
au complexe soulevé des hautes terres de l'Est. Des cônes
volcaniques émoussés alternent avec des plateaux
basaltiques, des plissements largement érodés
et des bassins d'effondrement. L'ensemble disparate donne un
haut pays vallonné dont certaines chaînes, comme
les montagnes Bleues, les Snowy Mountains ou les monts de Tasmanie,
dépassent une altitude moyenne de 1.000 m et sont
enneigées durant l'hiver austral. Entre Melbourne et
Canberra, le mont Kosciusko, point culminant du pays, atteint
2.228 m d'altitude.
Le
«grand bassin artésien», vaste ensemble effondré
de faible altitude, s'étend entre le plateau occidental
et les hautes terres de l'Est. Il regroupe trois bassins intérieurs:
au nord le bassin du golfe de Carpentarie, au sud-ouest le bassin
du lac Eyre (immense lac salé de plus de 9.000 km²
situé près du centre, au sud du désert
central de Simpson, et asséché pendant de longues
périodes) et au sud-est le bassin du fleuve Murray. L'altitude
moyenne ne dépasse pas 150 m et, dans certains cas,
se situe au-dessous du niveau de la mer; la sédimentation,
qui remonte à 200 millions d'années, s'y
poursuit de nos jours.
Le principal réseau hydrographique prend sa source dans
les hautes terres; il est formé par le fleuve Murray
(long de 2.575 km) et son principal affluent, la rivière
Darling (2.000 km) qui, avec d'autres affluents importants
comme la Murrumbidgee, coulent du nord vers le sud en suivant
l'axe du grand bassin artésien. Le Murray, en partie
navigable, joue un rôle essentiel dans l'irrigation et
alimente d'importants lacs de barrages hydroélectriques.
A
part les zones côtières orientales et septentrionales
où quelques fleuves connaissent un important écoulement
plus ou moins régulier, plus de la moitié de l'Australie
ne bénéficie que d'un drainage interne, ou endoréique.
Des cours d'eau intermittents – les creeks (oueds) –
rejoignent des lacs éphémères qui se forment
après les pluies et dont le niveau baisse ensuite très
vite. Les plus grands lacs australiens (le lac Eyre, 9.500 km²;
le lac Torrens, 5.900 km²; le lac Gairdner, 4.300 km²)
ne sont en fait que des cuvettes d'eaux saumâtres, le
plus souvent asséchées ou marécageuses.
Population
La population australienne est estimée à 19 millions
d'habitants, soit une densité moyenne de 2,4 h./km2.
Elle a plus que doublé depuis 1945. Canberra, la
capitale, abrite près de 310.000 habitants. La grande
majorité des Australiens vivent dans des villes et bourgades
côtières ou proches des côtes; la majeure
partie de l'intérieur — l'outback —,
vaste et sec, est faiblement peuplée.
Le
peuplement de l'Australie L'immigration a puissamment contribué
à cet accroissement: plus de 4,5 millions de personnes
venues de 120 nations sont entrées en Australie entre 1945
et 1986. Cette immigration représente encore aujourd'hui
entre 40 et 50 % par an de l'accroissement global de la
population. Le rythme moyen des entrées admises, au début
des années 1990, est de 100.000 à 120.000 personnes
par an.
Les
vagues de migration qui se sont succédées n'ont
cessé de se diversifier. Jusqu'en 1940, l'immigration
est presque exclusivement britannique ou irlandaise. Depuis
les années 1980, les Asiatiques, notamment les réfugiés
vietnamiens, sont nombreux à demander leur entrée.
L'Australie a officiellement abandonné son ancienne politique
de sélection ethnique visant à préserver
une Australie «blanche». Elle accepte aujourd'hui
un quota d'environ 40 % d'immigrants asiatiques (34 %
en 1989), choisis selon des critères professionnels.
En dépit de ce brassage croissant des nationalités
et d'une politique «multiculturelle», la population
australienne reste à large prédominance britannique.
L'Australie
dite «noire» des Aborigènes compte environ
258.000 personnes, dont 60 % plus ou moins métissés
avec les Européens. Après avoir connu une forte
dépopulation – un siècle après l'arrivée
des Européens, leur nombre était tombé
à 70.000 –, les Aborigènes connaissent aujourd'hui
une progression démographique; leur taux de natalité
est le plus élevé des communautés australiennes,
mais leur espérance de vie demeure la plus courte.